Journal d'un roadtrip de 10 jours en Ouzbekistan / Journal of a 10 days Uzbekistan roadtrip

mardi 24 août 2010

SAMARKAND. CENTRAL UZBEKISTAN.

THE REGISTAN. UNESCO WORLD HERITAGE.

Ulugh Beg Madrasah (1417–1420), the Sher-Dor Madrasah (1619–1636) and the Tilya-Kori Madrasah (1646–1660).

MORNING VISIT.

Nous voici prêts, après un petit-déjeuner réparateur (accompagné d' un thé noir conseillé par la mamie pour réparer nos intestins qui commencent à souffrir), à découvrir une ville hors du commun. Evidemment, le premier lieu que l'on désire voir en arrivant ici, c'est le mythe : le REGISTAN.

REGISTAN veut littéralement dire "Place de sable", à l’époque de la route de la Soie se tenait en ces lieux un immense bazar où convergeaient toutes les caravanes arrivées des quatre coins de l'Asie Centrale.

Devenu lieu stratégique, c'était ici qu'on annonçait les proclamations royales, c'est ici aussi qu'avait lieu les exécutions publiques.

Le REGISTAN, c'est un peu l'emblème de l'Ouzbékistan. Certainement une des plus belles places du monde, Ulugh Beg, le petit-fils de Tamerlan y fit construire une première madrasa au XVe siècle (celle de gauche) à laquelle vinrent s’ajouter au XVIIe siècle deux autres madrasas qui forment cet incroyable ensemble architectural.

Vous imaginez bien la fébrilité du photographe arrivant ici, comment capter ce lieu, si grand, si majestueux, de quoi perdre la tête !

Mais le plus important vous le savez, c'est la lumière, et ce matin, il est 10h00, le soleil est déjà haut dans le ciel, et la lumière n'est pas exceptionnelle... Je vais faire avec, mais j'essaierai de revenir ici ce soir, pour voir ce que ça donne.

Le premier choc est provoqué par la taille des bâtiments, hauts, massifs, l'homme est ici minuscule. Cet aspect impressionnant est toutefois contrebalancé par une extrême finesse des détails.

À l'instar d'une cathédrale gothique, qui viendra alléger sa structure par des gargouilles, vitraux, arcs boutant et bas-reliefs, les madrasas sont recouvertes de motifs semblable à de la dentelle, les coupoles, les moulures torsadées viennent faire vibrer ces immenses constructions comme les ailes d'un papillon.

Je me promène donc et tente de capter des détails qu'il faut prendre le temps d'observer pour en apprécier la richesse.

Il y a une unité dans les couleurs utilisées comme vous pouvez le voir. On trouve systématiquement cette bichromie bleu marine / bleu turquoise, s'y ajoutent du blanc, souvent du orange, parfois du vert, complémentaire du bleu.

Il me semble (si j'ai bien tout compris) qu'il est interdit par la religion musulmane de représenter une création de dieu sur un édifice religieux. Du coup, pour contourner cette règle, tout est stylisé en motifs géométriques (motifs floraux la plupart du temps). On peut se demander si dieu ne s'est pas aperçu du subterfuge, mais enfin, jusqu'à ce jour, la colère divine ne s'est pas abattue ici.

On voit bien ci-dessus les superbes motifs géométriques dessinés sur la façade de cette madrasa, ci-dessous, une coupole ornée de motifs (toujours différents), de calligraphie arabe (que l'on retrouve très souvent, car très ornementale) et de ces petits décrochages à la base qui donnent du relief, que Soukhrob appelle des "stalactites".

Ci-dessus d'autres motifs, remarquez la couleur verte, très complémentaire du orange que l'on trouve à l'intérieur de la voûte.

Le soleil joue avec les céramiques polies et les autres briques en terre cuites qui absorbent la lumière. En prenant le bon angle, les motifs se dessinent par un jeu de miroir.

A l'intérieur de la voute on aperçoit des portes qui mènent aux étages. Les madrasas en comptent 1, parfois 2.

Voici une plaque scellée sur le mur, en deux langues : russe et arabe.

Nous voici à l'intérieur de la madrasa centrale, la Sher-Dor Madrasah (1619–1636), on y trouve un délicieux jardin.

Voici une mosquée dont la porte est (comme toujours) entièrement sculptée. Surprise, l'intérieur est peint en bleu ciel, c'est très beau ! Remarquez le système de poutres sculptées que l'on a découvert à Khiva au début du voyage, si typique des constructions ouzbèks.

Une partie du bâtiment a été restaurée, et cela vous donne une idée de la magnificence des lieux à l'origine.

Les dorures à la feuille d'or jouent avec la lumière... et le bleu roi, encore une fois très complémentaires.

Est-ce un fait exprès ? La porte ouverte offre un cadre somptueux à la madrasa Tilya-Kori qui se trouve en face.

Un coup d'oeil à la madrasa Ulugh Beg (1417–1420), depuis le pied de la madrasa Tilya-Kori (1646–1660). Ce plan lointain me permet d'éviter les fuyantes du grand-angle.

A l'intérieur une grande cour pavée. On comprend très bien sur ce plan la structure du bâtiment, avec la façade de dos, les deux coupoles et minarets, et les salles d'étude tout autour de la cour.

Il est temps de quitter ce lieu car le soleil est déjà haut dans le ciel, et nous avons tant à voir.

Je ne peux réprimer quelques derniers clichés de loin.

Nous reprenons la voiture, et découvrons cette statue géante d'AMIR TIMUR...

... puis cette magnifique église orthodoxe. Ci-dessous, en ruine, à nouveau un très bel exemple d'architecture russe du début du 20e siècle.

... quelques vestiges de constructions russes plus modestes...

... et quelques élégantes, toujours colorées, toujours souriantes.

Cette voiture est le signe de notre arrivée : c'est la Lada customisée du voisin de l'hôtel !

SAMARKAND. MAUSOLEUM OF THE TEMURIDS.

AMIR TEMUR FEMALE FAMILY NECROPOLIS.

XIVth CENTURY.

Direction à présent un autre endroit tout à fait exceptionnel : une nécropole réservée aux femmes descendantes d'AMIR TIMUR, les "timurides". Située sur une colline, on y accède par ce long escalier, une procession solitaire qui vous invite au recueillement.

C'est un lieu d'une exceptionnelle beauté, assurément un des plus beaux d'Ouzbékistan. On y trouve calme et plénitude, quelques personnes s'y promènent, beaucoup de femmes.

L'entrée de cette nécropole est marquée par ces 2 belles coupoles.

On pénètre alors dans une ruelle étroite, s'ouvrant à cet endroit sur une petite place où l'on peut flâner, s'asseoir sur un banc. Partout, des mausolées abritant des membres féminins de la famille d'AMIR TIMUR. Tous plus richement décorés les uns que les autres.

Quand on pénètre à l'intérieur...

... on est subjugué par la beauté des ornements.

En cette fin d'après-midi le soleil commence à faire dorer les briques de terre cuite.

Alors que les décorations offrent des trésors, les tombes, elles, sont très sobres. Des offrandes sont laissées par les visiteurs. Récupérées, elles serviront à l'entretien du lieu.

Une vieille femme fait ses prières. Accroupie, les mains ouvertes vers le ciel.

Nous entrons dans ce mausolée et je croise à plusieurs reprises ce personnage qui semble être un gardien du lieu, peut-être un personnage religieux ?

Quand nous ressortons le soleil vient frapper les reliefs de céramique d'une infinie beauté. Les bandes verticales mélanges différents style pour donner du rythme : mosaïques, dessins géométriques, calligraphies se succèdent sur les façades.

Il est temps de partir. Nous quittons beauté, silence et plénitude, alors que le soleil va bientôt se coucher.

SAMARKAND. CENTRAL UZBEKISTAN.

THE REGISTAN. UNESCO WORLD HERITAGE.

The sunset visit.

Nous voici de retour au REGISTAN, que vous connaissez bien à présent. Mon coeur de photographe ne pouvait résister à l'envie de revenir le voir pendant ce que les américains appellent la "GOLDEN HOUR", l'heure où la lumière est d'or... Voyez ce que cela donne ici sur la madrasa Tilya-Kori.

Les policiers présents sont souvent preneur de quelques sums en échange d'un service... J'avais remarqué celui-ci ce matin qui m'avait proposé de grimper au sommet d'un minaret (de manière non-officielle cela va de soi).

J'avais refusé, mais ce soir, j'ai accepté son offre pour voir ce que cela donne avec cette lumière. Nous avons donc traversé ce chantier, à l'intérieur de la madrasa Ulugh Beg, la plus ancienne je le rappelle (remarquez la finesse du sol sur la voûte à gauche !).

J'ai emprunté ensuite cet interminable escalier, les marches sont très hautes et le plafond très bas si bien que mon sac à dos contenant mon trépied vient buter à chaque marche contre le plafond... pas facile avec mes 2 boîtiers...

...mais je suis enfin arrivé au sommet. Voici ce qu'y s'offra à mon regard :

Un point de vue inhabituel sur la madrasa Tilya-Kori et sa façade aux 2 fauves. L'ombre du minaret sur lequel je me trouve se dessine sur la façade.

Mais il est temps de redescendre (après avoir payé les 5000 sums négociés avec le policier qui m'attend au pied du colimaçon).

Je retrouve le sol pour y capturer les derniers rayons du soleil qui décline à toute allure... Sans commentaire.

SAMARKAND.

GUR-EMIR "Tomb of the King" MAUSOLEUM.

AMIR TEMUR MAUSOLEUM.

Avant de rentrer à l'hôtel, nous allons jeter un coup d'oeil au mausolée d'AMIR TIMUR qui resplendit sous la pleine lune. Nous le reverrons très bientôt.

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