Journal d'un roadtrip de 10 jours en Ouzbekistan / Journal of a 10 days Uzbekistan roadtrip

Lundi 23 août 2010

Nous quittons aujourd'hui Boukhara avec un pincement au coeur : nous avons passé un très agréable séjour dans cet hôtel calme et fleuri. Le patron (le papi nonchalant que vous apercevez de profil sur la photo ci-dessus) est venu nous saluer, nous témoigner son affection et le désir de nous revoir quelque part dans le futur. C'est peut-être un détail, mais ce genre d'attention renforce le sentiment de sympathie que nous avons éprouvé pour ce lieu.

Notre journée s'annonce chargée, elle commence par un arrêt dans les faubourgs de Boukhara pour aller voir une curiosité architecturale : la fameuse mosquée "Chor Minor", aux 4 minarets. Cette mosquée à la particularité d'avoir été financée et construite par un simple particulier, enfin, disons un riche marchand qui pouvait se permettre ce genre d'extravagances.

BUKHARA. CHOR-MINOR.

"THE FOUR MINARETS".

Built in 1807 by KHALIF NIAZKUL.

La voici donc cette délicieuse mosquée miniature, on dirait un jouet ! Plus rien de religieux aujourd'hui en son sein (saint ?), prisée des touristes elle abrite une marchande de souvenirs. Il est possible de monter sur le toit pour admirer les 4 minarets de plus près.

Nous repartons ensuite dans le dédale de ruelles qui offrent de belles surprises : des portes sculptées, des couleurs sublimes, et toujours ces conduites de gaz qui serpentent le long des murs.

Retour à la voiture, direction à présent le palais d'été de l'Emir de Boukhara.

BUKHARA. SITORAI-MOHI-HOSA.

SUMMER RESIDENCE OF BUKHRARA AMIRS.

Ci dessus la porte d'entrée richement décorée, ci dessous Soukhrob, à qui Samuel vient de faire un tour de magie dont il ne se remet pas.

Ce palais était le lieu de villégiature de l'Emir pendant l'été jusqu'en 1920, on y trouve bien sur des bâtiments à l'architecture typique d'Asie Centrale mais aussi des constructions russes. Le mélange est harmonieux, les 2 styles se marient très bien, regardez plutôt :

Il s'agit d'un palais, et un palais se doit d'être très luxueux. Les salles se succèdent donc et l'émerveillement est bien là devant tant de splendeur, même si on peut parfois trouver cela un peu "chargé". M'enfin, c'est la maison d'un Emir, il ne faut pas s'attendre à du design minimaliste.

On retrouve parfois le motif de la croix gammée inversée très répandue en orient, autrement nommée "svastika".

Ironie du sort, on trouve à l'extérieur du bâtiment des étoiles de David...

Dans les jardins du palais, un peintre propose ses miniatures, alors que nous arrivons au lieu fantasmagorique par excellence : le Harem. On y logeait de nombreuses jeunes femmes, les plus jolies du pays qui été "embauchées" pour travailler pour l'Emir. On peut se demander si elle étaient consentantes (j'ai posé la question à Soukhrob), il semble que la plupart, après un premier choc que l'on imagine (et le passage devant le miroir sans fin, qui leur montrait combien elle n'était qu'une parmi des milliers, et donc interchangeable), n'auraient quitté leur place pour rien au monde. Pourquoi ? Parce que la vie y était douce (malgré tout) et que l'Emir savait se montrer très généreux. La légende dit qu'il jetait parfois une pomme dans ce bassin (faisant face au harem), celle qui l'attrapait avait le privilège de partager son lit avec le pacha le soir venu...

La visite terminée, nous nous dirigeons vers la lourde porte d'entrée pour reprendre la route, direction la mythique, la légendaire Samarkand...

FROM BUKHARA TO SAMARKAND.

220 km. 4 hours trip.

La route est rythmée par les innombrables barrages. Ci dessus quelques "soviet monuments" pour notre collection, ci dessous, le 182e barrage de police que nous croisons.

Tiens ! Voici le 183e : )

Cette route est probablement l'axe le plus fréquenté du pays, elle est donc bonne, semblable à une autoroute, à cette exception près qu'on y croise des carioles tirées par des ânes... à contre sens. Sur notre droite, perdue dans une zone désertique, l'aéroport de fret de l'Ouzbékistan, n'accueillant que des avions-cargos.

Nous avons fait une pause "Chachlyk", que tous les russophones connaissent, et que l'on trouve partout ici aussi : des brochettes d'agneau, poulet ou boeuf (pas de chat, c'est juste décoratif : ).

Un autre monument pour notre collection ! Nous voici arrivés dans la région de Samarkand, région se disant "VILOYATI" en ouzbèk.

On y voit des chargements audacieux... et toujours, en bord de la route des vendeurs d'essence et de fruits.

Voici le 184e barrage, nous y avons eu droit à un ubuesque contrôle anti-pollution, avec un instrument de mesure datant de Matusalem, le policier constatant une polution excessive de notre part alors que sur la route passent des camions dégageant d'incroyables nuages de fumée noire sans que personne n'y prète attention.

Comme à son habitude, Soukhrob a négocié, argumentant que leur intrument était probablement mal réglé, et qu'en plus c'était un jour spécial, puisque c'est son anniversaire, ses 30 ans qui plus est. Constatant la véracité de cette information sur son permis de conduire, le policier nous a laissé filer sans nous mettre d'amende.

J'ai pris cette photo (discrètement dans le rétroviseur) des policiers en charge du respect de l'environnement...

Remarquez ci-dessus les bonbonnes sur le toit du bus. Encore une méthode soviétique qui utilise au mieux les ressources naturelles, car l'Ouzbekistan et la Russie sont très richement dotées en gaz. En cette période de disette pétrolière, c'est un avantage certain.

Il n'est pas mignon ce camion frigorifique avec ces petits pingouins ?

SAMARKAND. CENTRAL UZBEKISTAN.

SAMARKAND WILOYAT

Nous voici arrivés ! Ce pont majestueux annonce l'entrée dans Samarkand, il est orné de drapeaux car ne l'oublions pas dans quelques jours c'est la fête nationale Ouzbèque.

Nous découvrons notre hôtel, flambant neuf et d'un kitsch que je ne croyais pas exister sur cette terre. Tout est couleurs vives, tentures à motifs, breloques, verreries, un style très prisé ici. Il y a même des petits tigres en porcelaine sur la cheminée dans la chambre de mon oncle.

On aime ou pas (moi j'adore pour un séjour limité quand même !), ceci dit les chambres y sont très confortables, l'accueil encore une fois sympathique et les petits déjeuners délicieux. Des détails m'ont cependant laissé perplexe, comme ces prises électriques dans ma chambre placées à 2m50 de haut (?!?), ou encore l'escalier en bois qui mène aux chambres (que vous voyez ci-dessous) dont chaque marche est d'une hauteur différente...

SAMARKAND. "PICOLO PICOLO" VODKA NIGHT PARTY.

Celebrating Soukhrob's 30th birthday.

Aujourd'hui Soukhrob a 30 ans, je vous le rappelle, un évènement de taille ! Nous partons donc découvrir Samarkand by night, pour une soirée arrosée, que Soukhrob appelle "soirée PICOLO PICOLO". Il nous emmène dans un restaurant assez branché, très fréquenté. Nous y boirons plus que de raisonnable, ça va de soi, on a pas tous les jours 30 ans, et on ne prend pas tous les soirs une cuite à Samarkand, en Ouzbékistan !

La serveuse a un physique très oriental, Soukhrob m'explique qu'il s'agit d'une personne originaire de Corée du Nord, familles déplacées de force sous le régime soviétique par Staline.

Sorti du resto, je suis inspiré par ces couleurs chaud / froid et le jeu d'ombre de lune des arbres dans la nuit.

Le taxi nous ramène à l'hôtel, et pendant que nous descendons une seconde bouteille de vodka, Samuel et moi nous amusons à jouer les "MAFIA BOYS" avec les liasses insensées de billets que vient de récupérer Soukhrob auprès d'un de ses employés. On en profite pour prendre quelques clichés mémorables, pour nos vieux jours.

Sur ce il est grand temps d'aller nous coucher car demain nous allons découvrir Samarkand, et nous croisons les doigts pour ne pas nous réveiller avec une méchante gueule de bois.

jour 5          jour 7            Index