Journal d'un roadtrip de 10 jours en Ouzbekistan / Journal of a 10 days Uzbekistan roadtrip

Dimanche 22 août 2010

BUKHARA. SAMONIDS RECREATION PARK.

BUKHARA WILOYAT

C'est déjà notre troisième jour à Boukhara, et nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Soukhrob nous emmène tout d'abord en dehors de la ville où se trouve un parc d'attractions. Inutile de dire qu'ici les infrastructures sont très loin d'un Dysneyland, et c'est justement ce qui lui donne tout son charme, les manèges sont là depuis des lustres.

On peut craindre pour la sécurité des enfants, en même temps ici, pas de space montain, mais des manèges délicieusement désuets, dominés par la grande roue qui tourne avec une vertigineuse lenteur.

Ici aussi, beaucoup d'enfants et d'insouciance. Les familles sont soudées, père, mère, grands-parents accompagnés d'une ribambelle de gamins. Tout est extrêmement coloré en Ouzbékistan, à commencer par les vêtements.

BUKHARA. ISMAIL SAMANID MAUSOLEUM.

One of the most esteemed sights of Central Asian architecture.

IXe CENTURY (between 892 and 943).

Ce parc d'attractions (encore une fois extrêmement propre et bien tenu) offre certes amusement aux familles, mais on y trouve aussi un des bâtiments les plus précieux au monde, le plus ancien de Boukhara, à savoir le Samanid Mausoléum, construit au début du 10e siècle. Exceptionnellement conservé, il a même survécu à Gengis Khan. Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que les tempêtes de sable avaient recouvert cet ancien cimetière, à tel point que le mausolée était lui-même totalement enseveli, ce qui le conserva à travers les siècles.

La construction est structurée autour du chiffre 4 : forme de cube, de multiples facettes, sa géométrie en est toujours un multiple. Nous pénétrons à l'intérieur et j'y prends ces 2 photos dont cette femme accroupie en train de lire dans la pénombre.

Retour à l'extérieur (sous une chaleur accablante inutile de préciser). Je me régale des couleurs vives sous ce soleil de plomb. Remarquez la coquetterie de la jeune fille ci-dessus : de bas en haut, les claquettes, les chaussettes, la robe, le chouchou, le bandeau offrent les mêmes tons jaune orangés. Le banc ci-dessous se met au diapason.

Celle-ci est moins coquette (d'un point de vue accessoire). Elle n'en est pas moins jolie.

Nous reprenons la route vers un lieu encore plus mystérieux. En chemin nous croisons ce panneau. Petit quizz : où se trouve ASHGABAT ?

C'est la capitale du Turkménistan.

BUKHARA. CHOR-BAKR NECROPOLIS.

"THE CITY OF THE DEAD"

Built in the XVIe CENTURY.

Nous voici dans le lieu le plus étrange du voyage. C'est une nécropole immense, quasiment une petite ville. Nous y trouverons à nouveau la trilogie mosquée / minaret / mausolées, mais il règne ici une atmosphère très spéciale.

La plupart des bâtiments sont très bien conservés et entretenus, mais le lieu est désert, on y trouve beaucoup de tombes, il y a plus de morts ici que de vivants. Nous y sommes restés une heure pendant que Soukhrob nous racontait les aventures extraordinaires d'AMIR TIMUR, à l'ombre d'un arbre, dans le silence le plus complet.

Ci-dessus une tombe richement décorée, ci-dessous une mosquée.

Puis nous avons quitté ce lieu solitaire, croisant seulement quelques ouvriers chargés de terrasser le sol en partant.

Sur le retour, nous croisons l'inévitable barrage de police. Ah je ne vous ai pas dit ? Il y en partout en Ouzbékistan, ces barrages qui rythment vos trajets, sur toutes les routes, tous les chemins, même en plein désert, ceci dit, nous n'avons jamais eu le moindre souci, et c'est peut-être le prix de la sécurité, dans cette région du monde assez... sensible.

Retour à Boukhara pour la promenade du soir. Nous croisons ce vendeur d'épices dans la rue principale, une épicerie familiale vieille de 600 ans !

Encore et toujours des enfants qui posent pour les photos (l'avantage des appareils numériques étant de pouvoir leur montrer immédiatement le résultat à l'écran : ils adorent ça). Plus loin, sous une coupole, ces (magnifiques !) femmes dont une maman qui pouponne.

BUKHARA. CENTRAL UZBEKISTAN.

Night visit.

Voilà déjà le soir venu et, fait exceptionnel, le ciel se voile légèrement, les nuages étant si rares et indispensables à un beau coucher de soleil, j'en profite pour aller installer mon trépied sur la terrasse d'un restaurant que j'avais remarquée depuis lontemps, elle surplombe le "hotspot" dont je vous ai parlé précédemment.

J'y prends quelques clichés en pause longue (dont celui que vous verrez en bas de cette page) en buvant une bonne bière fraîche.

Nous sommes vendredi, et quand la nuit s'est définitivement installée, on entend les discussions lointaines de l'imam avec ses fidèles. Curieux, je suis descendu et me suis approché de la porte ouverte de la mosquée Kalyan, je suis entré, discrètement, et depuis la pénombre du hall d'entrée j'ai aperçu quelques fidèles au fond, perdus dans cette immense cour, écoutant religieusement (et oui, religieusement). Puis je me suis éclipsé...

... et décidais de faire ce que j'appelle du "photo painting" pour finir cette journée, des pauses volontairement longues, en marchant, qui donnent la plupart du temps des clichés sans intérêt, mais parfois, la théorie du "beautiful accident" s'invite, et l'on découvre alors de superbes couleurs, et une ambiance très particulière qui traduisent bien mieux l'ambiance nocturne de la ville qu'un cliché statique monté sur trépied. En voici quelques-uns :

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