Journal d'un roadtrip de 23 jours en Islande

Lundi 10 août

Nous avons mis le réveil à 7h00 et nous avons bien fait : la beauté du lieu dans le soleil levant est à couper le souffle.

Pour la première fois depuis notre arrivée il ne pleut pas, et Emilie a pu préparer le petit déjeuner sur une table. Je vais boire mon café assis : le pied.

De là où nous sommes, on voit la langue glaciaire qui vient caresser Höfn.

Et là se produit une scène incroyable, alors que je m'apprête à ranger mon matériel pour partir, un juif pratiquant que nous avions déjà remarqué la veille dans le camping (rare de voir une kippa au milieu des glaciers !) s'avance sur le monticule qui nous surplombe, face au lac, il est à quelques mètres de moi, il me voit, mais ne me prète aucune attention, alors que tout le monde dort encore.

Il enfile son téfiline, et tous les apparats de la prière avec lenteur, très calmement. Je brûle de le photographier, mais je ne veux surtout pas le déranger, alors je reste discret, mais sans me cacher, près de la voiture et prend quelques clichés. Je crois qu'il me voit le prendre en photo, en tout cas il doit le sentir, mais il ne me dit rien.

Je l'ai observé pendant quelques minutes, j'étais fasciné par la scène. Je me suis dit dans mon for intérieur : il y a bien des supers spots pour faire du surf, et bien ici, c'est un super spot pour faire la prière.

Nous poursuivons à présent notre route, objectif les fjords de l'est !

Petit arrêt au minuscule hameau de Stafafell. C'est si paisible, l'herbe grasse et les vraies fleurs qui recouvrent ces cimetières islandais les rendent doux et accueillants.

LES FJORDS DE L'EST

Nous croisons cet impressionnant trident.

Les fjords de l'est, ce sont des lacets, des corniches, des tunnels...

Nous arrivons vers 11h30 à Djúpivogur. Je remarque ces maisons dont un des murs est orné de la sorte. Celle-ci montre un jeu de carte, une autre un piano, et je me demande si ce n'est pas le hobby du propriétaire qui est représenté ici ? Si quelqu'un a la réponse...

Djúpivogur ne faillit pas à la règle : adorable village de pécheurs, blotti entre montagnes escarpées et mer. Une magnifique ferme de 1790 fait office de café et de musée. La particularité de ce village est la possibilité de faire des randonnées en bord de mer pour observer les oiseaux. Nous n'avons malheureusement pas prévu de temps pour cela.

Dans toutes ces petites villes, c'est la station service qui tient lieu d'épicerie, de restaurant... Très américanisée, on y trouve les indispensables, Hotdogs, Coca-cola, et énormes burger-frites. Pourtant si on y regarde bien, les vieux pécheurs du village ont des assiettes de poisson, je demande alors ce que c'est : le plat du jour. On tente donc 2 plats du jour, et nous voici avec 2 énormes assiettes de colin pané absolument délicieux accompagné de pommes vapeur... pour seulement 2200 Isk (13 € pour 2) !

Il est temps de reprendre la route, et le ciel s'assombrit déja.

Nous prenons un chemin pour atteindre ce petit phare, Hafnarnes lighthouse, fraîchement repeint dans ces belles couleurs jaune oranger.

Il fait face à cette île qui semble tout droit sortie d'un roman de Robert Louis Stevenson : Skrúður island, qui vous suit du regard tout le long de la côte. Je lui donne un nom de code : "Le rocher du diable", souvenir de mes lectures d'enfant.

Vous voyez ci-dessous une gigantesque usine d'aluminium, qui fait polémique en Islande pour des raisons écologiques. Je ne crois pas avoir vu plus long bâtiment.

Fáskrúðsfjörður est le nom du fjord, c'est aussi le nom de ce petit village qui a la particularité d'être un lien vivant entre la France et l'Islande, depuis que les pécheurs français trouvaient refuge ici entre 1850 et 1914.

En effet certaines saisons jusqu'à 5000 marins français venaient pécher ici et faire commerce, malgré la distance et le danger. De nombreux naufrages jalonnent l'histoire, et pour honorer la mémoire de ces marins, un cimetière français y réunit 49 de nos compatriotes. Un drapeau à nos couleurs est hissé aux cotés de l'islandais, et, honneur suprême, toutes les rues sont traduites en français. C'est très touchant.

Nous longeons le fjord en sortant du village, et je profite du superbe point de vue sur "le rocher du diable" pour demander à ce couple de poser pour moi.

Voici un nouveau phare, Vattarnes lighthouse. Non, la photo n'est pas penchée, c'est le phare qui l'est !

Le temps se couvre avec menace, et nous voilà dans le très profond fjord de Reyðarfjörður.

Nous avons l'ambition de rejoindre Neskaupstaður, une petite ville de 1400 habitants. Pourquoi ? parce qu'elle est au bout du monde, c'est la ville la plus à l'est de l'Islande, très isolée, on ne peut la rejoindre par la côte, mais en traversant la montagne. Pas de chance : un brouillard épais est là, on ne voit pas à 3 mètres, il y a un vent terrible, l'ambiance est glaçante dans les lacets montagneux.

Nous nous retrouvons face à ce tunnel, absolument lugubre. Nous nous arrêtons devant perplexe, mais n'avons pas d'autre choix que de nous y engager... Mais rapidement nous sommes pris d'effroi, vous ne remarquez rien ? il n'y a qu'une seule voie, alors que la route est à double sens ! Nous prions pour ne pas avoir commis d'erreur...

La roche coupante est à fleur de peau, ce "one-way tunnel" est sombre, humide, tel un œsophage, on a l'impression d'être avalé par la montagne. Ces 630 mètres nous ont paru une éternité. Si une voiture arrive en face, vous disposez d'une échappatoire (et un seul !) au milieu du tunnel.

Nous voici arrivés à Neskaupstaður. Nous faisons le tour de la ville. Le Lonely planet parle d'une guesthouse située au dessus d'un magasin de musique, et d'un "free campground" qui surplombe la petite ville.

NESKAUPSTADUR. ISLANDE EXTREME EST.

Voici le magasin de musique.

Nous croisons cette Cadillac. (Je ne vous ai pas dit ? Les islandais adorent les vieilles américaines, on en voit beaucoup).

Nous trouvons le "free-campground" qui surplombe la ville. Comme vous l'aurez compris, ce camping est gratuit.

Il est 19h30, nous sommes affamés. Il fait froid, humide, nous trouvons refuge dans le coffre...

... et trouvons rapidement le sommeil. Le réveil est mis à 7h00.

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