Journal d'un roadtrip de 23 jours en Islande

Dimanche 9 août

LAC GLACIAIRE JÖKULSARLÓN.

6h00. Réveil matinal dans le saint des saints, avec ce luxe incroyable : je suis seul.

Je vous laisse découvrir ce que je vois, sans commentaire. La bande sonore ? un incroyable concert de cris d'oiseaux qui résonnent dans la brume.

+ Note pour les lecteurs du eROADBOOK, jetez-ici un oeil à la ULTRAPANORAMIC PHOTO N° 8 / 20 +

Un petit mot sur la Sterne arctique (Sterna paradisaea) dont la réputation n'est plus à faire tant elle est connue pour son caractère agressif, envers l'homme notamment.

En cherchant un peu, je lui ai découvert un destin extraordinaire : figurez-vous que cet oiseau migrateur est témoin de deux étés chaque année, puisqu’il effectue un aller-retour entre le pôle nord et l’Antarctique où il hiverne (ce qui représente un trajet annuel de 70 000 km !). Il s’agit, avec celle du Puffin fuligineux, de la plus importante migration régulière connue chez les animaux. La Sterne arctique vole de ce fait huit mois par an.

Sachant que cet oiseau peut vivre au delà de 20 ans, j'ai calculé qu'il pouvait avoir parcouru 1.750.000 kilomètres dans sa vie, soit plus de 4 allers-retours terre > lune !

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Il est déjà 9h00 quand nous décidons de nous diriger vers la mer de l'autre côté du pont. Le sable noir est jonché de cadavres d'animaux de toute sorte : poissons, coquillages, étoiles de mers... Les oiseaux s'offrent ici un véritable festin.

Pas que des oiseaux d'ailleurs, nous croisons ce phoque, qui remonte le courant en nous regardant du coin de l'oeil.

De l'autre côté du pont l'atmosphère est très différente, on est face à l'océan, les vagues déferlent, et les blocs de glace se dispersent vers un destin solitaire. La plupart viennent s'échouer sur la plage de sable noir ce qui créée un contraste saisissant, absolument magnifique.

Une heure plus tard nous revenons vers le lac pour voir l'autre rive.

Vous vous demanderez sûrement pourquoi je prends tant de photos de ce glacier, c'est que son mouvement, ses courbes me fascinent.

Les reflets de la glace sur cette eau calme me fascine aussi.

Il est midi, et nous sommes affamés. Une tempête de pluie et de vent nous oblige à nous réfugier dans la voiture, et nous décidons d'aller nous garer face à l'océan pour être aux première loges.

Le sandwich avalé, je me couvre de ma cape de pluie pour protéger mon matériel et marche vers l'océan déchaîné, les oiseaux sont surexcités, ce temps est sûrement propice à la pêche.

Au bout de quelques minutes je bats en retraite, et rejoins la voiture. Il est temps de poursuivre notre route, pour voir un autre lac glaciaire : le Breiðarlón.

Les langues glaciaires nous offrent un spectacle magique le long de la Route 1, je ne peux réfréner quelques arrêts pour les photographier.

Arrivés au Breiðarlón, un miracle se produit : la tempête s'arrête, et un soleil radieux apparait et vient réchauffer nos visages, cela faisait 8 jours que l'on attendait ce moment ! Nous pouvons enfin sortir de la voiture sans capuche, sans goretex, sans cape de pluie, et cette liberté de mouvement, ces rayons lumineux caressant nos visages nous font un bien fou.

+ Note pour les lecteurs du eROADBOOK, jetez ici un oeil à la ULTRAPANORAMIC PHOTO N° 7 / 20 +

Nous croisons de-ci de-là des petites fleurs que nous ajoutons à notre collection.

Grisés par la lumière, nous retournons jeter un coup d'oeil au Jökulsarlon pour voir à quoi il ressemble sous le soleil. Une différence notable : nous voyons maintenant la face cachée des icebergs.

Mais je le préfère sous la tempête.

Je prends cette photo de champignon et sympathise ensuite avec ces chevaux islandais.

Désolé pour le portrait au grand angle, jamais très flatteur même pour un cheval !

Le climat adverse leur offre un crin magnifique.

Nous faisons à présent route verf Höfn, notre prochaine étape.

Juste avant la ville se trouve ce gigantesque radar. Les chevaux sauvages, le radar, tout cela me rappelle l'univers d'Actarus (dans son Goldorak il n'a jamais peur de rien).

Nous voici à Höfn ! Le camping se trouve à l'entrée de la ville. Le guide du routard nous prévient d'un accueil de modeste courtoisie, et nous pouvons le vérifier. C'est un gros camping, très visité, mais encore une fois très beau, très propre, très confortable, nous y trouvons un emplacement idéal pour dormir, avec une belle table en bois pour déjeuner et une superbe vue sur un lac.

Une bonne douche et on repart aussi sec pour flâner sur le port avec pour ligne de mire le célèbre restaurant à langoustine, qui fait la renommée de la ville !

Il faut dire que cela fait 8 jours que nous mangeons des sandwiches au pain de mie et que nous sommes tous les deux amateurs de bonne chère.

Le restaurant le voici, il est à côté du port (de toute façon la ville est minuscule). Sa réputation n'est pas usurpée. C'est très convivial, très bruyant, genre grande cantine, il y a d'ailleurs une bonne trentaine de minutes d'attente avant d'être assis.

Nous commandons chacun un plat de langoustine (pour environ 30 €) et c'est un festival qui arrive, une assiette géante, superbe, avec différentes sauces, un vrai festin. Nous arrosons tout cela d'une bouteille de vin blanc, et finissons les derniers dans le restaurant vers 23h00 à plaisanter avec les serveurs.

 

Retour au camping, le ciel est de toute beauté, Emilie s'effondre de sommeil, et moi, dans le camping silencieux, je sors mon trépied, l'installe sur la table en bois, et tente de photographier la lune caressée par les nuages.

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