Journal d'un roadtrip de 23 jours en Islande

Vendredi 7 août

Réveil 7h30. Voici un petit coup d'oeil sur nos appartements :

Vous remarquerez sans doute la redoutable efficacité de nos matelas gonflables qui datent des années 70, et dont seulement 2 boudins sont opérationnels. Emilie m'avait soutenu mordicus (malgré mes sérieux doutes) qu'ils seraient parfaitement confortables... Nous dormirons dorénavant sur la tôle du Hummer, ça forge le caractère !

Nous nous estimons cependant heureux de ne pas avoir à plier / déplier une tente chaque matin, sous une pluie battante qui plus est. La voiture coûte cher mais nous abritant pour la nuit, elle nous fait gagner un temps précieux, une des leçons que m'a enseignée mon ami Philippe Schuler, "docteur es-southwest USA".

Nous sommes tout près de la piste du Lakagigar, la célèbre F206. Oui mais voilà, la météo est à nouveau misérable ! Désespoir ! J'en discute avec le gardien du camping, qui me confirme que le "Laki" c'est magnifique, mais il faut un temps dégagé pour apercevoir la chaîne de volcans.

Nous décidons de jouer notre dernière carte : aller beaucoup plus loin vers l'est (100 km), quitte à revenir sur nos pas ce soir, et dormir ici pour tenter notre dernière chance demain de voir le Laki dans de bonnes conditions.

AU PROGRAMME DE LA JOURNÉE donc :

1 - L'île d'Ingólfshöfði

2 - Le Parc national du Skaftafell

Il pleut tellement que l'eau ruissèle partout, la Route 1 est parsemée d'innombrables cascades. Du coup je suis tenté de m'arréter tous les 500 mètres pour les admirer.

Voici ci-dessous la très jolie cascade de Foss á Siðu.

Cette chute croisée plus loin le long de la Route 1 est soufflée par le vent avant même d'avoir touché le sol !

Voyez sur cette photo l'état de la météo que nous subissons depuis 5 jours. Je n'imagine même pas ce que doivent ressentir ceux qui voyagent à vélo.

INGÓLFSHÖFDI. HEADLAND ORAEFI.

Nous voici arrivés à Ingólfshöfði. C'est une île préservée, que l'on ne peut atteindre qu'en traversant une lagune. Une famille habitant la ferme Hofsnes a la charge de sa visite depuis plusieurs générations : Einar Rúnar Sigurðsson, sa femme Matthildur Unnur (or Matta) et leur aîné Aron Franklín (19 ans). Cela coûte 3000 isk (25 €)/ personne. Ce jour là, c'est Matta qui nous prend en charge dans son tracteur pour traverser la lagune, une traversée qui dure 30 minutes environ.

Nous voici arrivés au pied de l'île. Inutile de dire que l'endroit est sauvage, pas d'être humain (à part nous !) pour déranger ses habitants, d'innombrables oiseaux marins et bien sur quelques moutons. L'histoire dit que le premier islandais Ingólfur Arnarson est arrivé ici en... 874.

Matta nous donne quelques consignes : rester groupés, derrière elle, et ne pas s'aventurer trop près du précipice, l'île est bordée d'une falaise de 70 mètres de haut. Bien sur, il faut se faire discrets pour ne pas déranger les oiseaux.

Et voici sans attendre un solide gaillard qui rode autour de nous avec de mauvaises intentions : Le grand labbe.

Laissez-moi vous dire qu'il a très mauvaise réputation : "Les grands labbes sont de redoutables prédateurs qui prélèvent des poissons, des petits mammifères, des oeufs, d'autres oiseaux. Ils s'attaquent notamment aux jeunes macareux, aux guillemots, aux fous. Ils se montrent très agressifs à l'égard des autres oiseaux marins, les harcelant implacablement jusqu'à ce qu'ils lâchent ou régurgitent leurs proies que ces intrépides assaillants récupèrent adroitement avant qu'elles ne tombent dans l'eau. Son régime alimentaire est complété par des charognes et toutes sortes de déchets...".

Il n'hésite pas à nous attaquer.

Ces oiseaux là nichent sur le sol, il faut donc faire très attention ne de pas écraser les petits.

Les parents nous surveillent et tournoient autour de nous.

Dans les airs, c'est la loi du plus fort qui règne, sans aucune pitié, et l'on se dit que les oiseaux plus faibles doivent vivre un enfer.

Le premier macareux que je verrais donc est celui-ci, pardon aux âmes sensibles.

Regardez l'image ci-dessous et vous comprendrez l'impressionnante taille du Stercorarius skua, le grand labbe, qui atteint 140 cm d'envergure.

Ci-dessus vous voyez (tout petits) des macareux en vol , et voici enfin, une famille de ses adorables macareux (puffins) nichés dans la falaise. L'emblème de l'Islande.

Voici - un peu moins charmant - le fulmar boréal. Au fait, savez-vous quelle est la particularité des oiseaux marins ? Les pieds palmés bien sur !

Tous ces petits oiseaux sont constament menacés par cette version aérienne des dents de la mer.

Voici notre tour de l'île achevé, nous rejoignons Matta pour re-traverser la lagune.

De retour à la ferme, tout la famille de Matta est là. Son mari Einur promène le chien.

Puis le chien est récupéré par le fiston...

... qui enchaine avec un foot aquatique. Avec promesse de ne pas salir ses vêtements ? Raté !!

Retour vers la voiture, direction à présent le Parc National de Skaftafell.

SKAFTAFELL NATIONAL PARK.

Il est déja 16h20. Après un rapide passage au Visitor Center, nous choisissons une randonnée de 3 heures.

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50 minutes plus tard nous atteignons un viewpoint extraordinaire sur la langue glaciaire Skaftafellsjökul. J'y fais un panoramique.

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+ Note pour les lecteurs du eROADBOOK, jetez ici un oeil à la ULTRAPANORAMIC PHOTO N° 4 / 20 +

Puis nous continuons la randonnée. Nous croisons quelques fleurs.

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Nous atteignons enfin la star du parc : Svartifoss. Toutes les chutes ont une âme, une particularité. Celle-ci encaissée dans ces colonnes de basalte est de toute beauté.

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Il est déjà 19h15 quand nous atteignons la bergerie "Sel". Ce sont trois petites bicoques en bois plantées dans la terre. Surprise : la porte est ouverte, et on peut les visiter. Les pièces sont toutes petites, les plafonds bas, on dirait une maison miniature. L'étable est au sous-sol, les animaux tenant lieu de chauffage central. Elle fut habitée jusqu'en 1946.

Mais une pluie terrible ne tarde pas à s'abattre sur nous et nous devons battre en retraite.

+ Note pour les lecteurs du eROADBOOK, jetez-ici un oeil à la ULTRAPANORAMIC PHOTO N° 5 / 20 +

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Chemin faisant nous croisons Hundafoss.

Il est 20h10 quand nous finissons la randonnée, cela fait 8 heures que l'on marche avec 15 kilos sur le dos, et nous ne sommes pas mécontents d'arriver au parking !

Nous retournons vers le camping de Kirkjubæjarklaustur situé à 80 kilomètres de là épuisés, silencieux. Je prend quelques photos en conduisant. Paysage lunaire.

Au camping, je retrouve Louis croisé la veille, il m'explique être allé au Laki en bus dans la journée (90 € / par personne quand même !), et avoir vécu un enfer météo.

Je croise les doigts : demain sera notre dernière chance de voir le Lakagigar avec un ciel un peu moins bas.

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