Journal d'un roadtrip de 23 jours en Islande

Jeudi 6 août

Réveil sous la pluie à 7h30. Nul besoin de prendre la voiture pour commencer la journée : il suffit d'aller au bout du jardin. En effet, le camping se paie le luxe d'être placé entre 2 chutes d'eau. Voici la première, Glúfrafoss, cachée derrière une faille. Magique.

Plus loin, se trouve une des plus célèbres chutes d'Islande : Seljalandsfoss. C'est la seule qui permet de passer "dans son dos". Elle tombe avec fracas dans un bassin. J'y fais une impossible photo car le vent + la pluie + les embruns vous donne la sensation d'être dans un brumisateur géant ! Mon appareil est à nouveau totalement trempé, je prie pour qu'il survive à ces mauvais traitements. Le camescope lui ne supportera pas ce taux d'humidité, et passera ici de vie à trépas...

OBJECTIF IMPOSSIBLE : LES ÎLES VESTMANN

Nous avions prévu d'aller passer une journée sur les îles Vestmann en décollant du minuscule aéroport de Bakki. J'y tenais vraiment. Oui mais voilà, la météo est identique à la veille, il fait 120 km/h de vent et de pluie... Nous décidons de nous rendre tout de même à l'aéroport pour en avoir le coeur net.

Un bâtiment se trouve bien là, un aéroport miniature, avec une piste de décollage. Mais l'endroit est désert. Nous nous garons, surprise, la porte est ouverte, et dans la grande salle d'attente une famille avec 2 enfants est là, assise depuis un bon moment semble t'il.

Ils ne nous prêtent pas attention, et je m'avance vers le guichet vide. J'y trouve un téléphone, et un mot : "pour avoir des informations appelez à ce numéro". Je décroche, compose le numéro, et tombe sur ce qui me parait être... un pilote !

Celui-ci semble chez lui, je lui demande si des vols sont prévus, et il me répond non, trop de vent, trop dangereux (le contraire m'aurait surpris), il faut attendre une météo meilleure. A ma demande sur les prévisions, il me dit que les jours prochains s'annoncent identiques. Arg !

Je le remercie, et explique tout cela à la famille d'italiens qui semblent aussi déçus que nous.

Il faut renoncer.

Nous décidons de noyer notre chagrin dans un hamburger / station service à Hvolsvöllur.

Nous en profitons pour acheter quelques cartes postales, par chance, la station contient un "Vínbúð", un magasin d'alcool. J'y vais pour acheter quelques bières et suis reçu par une vendeuse haute en couleur. Elle doit peser 3 fois mon poids, plante son regard dans le mien et me demande qu'est-ce qu'elle peut faire pour moi avec l'oeil qui frise. Je lui demande si elle vend "des vraies bières", pas des lights à 0,5 % que l'on trouve en supermarché. Elle réplique par un sourire et cette phrase : "In this shop you'll only find REAL things Mister"... Le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle n'est pas timide.

Je discute avec elle de la météo en choisissant des bières, et elle part aussitôt m'imprimer sur son ordinateur les prévisions météo de la semaine à venir. Vraiment sympa ! Je lui explique mon désespoir de ne pas trouver assez de lumière pour mes photos, et elle me conseille aussitôt de changer tous mes plans pour foncer vers le nord du pays. Elle m'annonce qu'il n'y aura pas de soleil dans le sud avant le 15 août ! Les prévisions qu'elle me tend me le confirment. Horreur, malheur.

Je la remercie, et elle me répond "it was a pleasure", suivi d'un clin d'oeil. Vraiment pas timide.

Il faut maintenant prendre une décision : continuer dans le sud vers l'est (ce que j'ai prévu dans le roadbook), ou bien changer et partir dans le nord du pays, avec le risque que ce ne soit finalement pas mieux... Ce qui m'angoisse le plus c'est de rater le Lakagigar, une chaîne de volcan à 2 heures de piste, difficilement accessible par cette météo. Emilie me convainc de ne pas changer tous les plans, nous décidons donc de rester dans le sud avec un espoir d'éclaircie les jours à venir. Direction Kirkjubæjarklaustur qui nous servira de camp de base pour la suite.

Nous repassons devant Skógafoss, toujours fascinante.

L'arrêt suivant nous mène vers la langue glaciaire de Sólheimajökull.

GLACIER SÓLHEIMAJÖKULL .

Nous faisons quelques pas sur la glace, mais cela devient très rapidement impossible et dangereux.

C'est la première fois que je suis face à un glacier et c'est très impressionnant, presque troublant. Pour faire une vraie randonnée, il faut des crampons, et bien sûr prendre un guide. Je l'entends d'ailleurs expliquer à ces touristes que le glacier à reculé de 500 mètres en seulement 10 ans. Les 500 mètres que nous parcourons pour rejoindre la voiture.

Un petit passage sur la plage de Vík, toujours aussi sublime de beauté noire.

Nous voici arrivés au camping de Kirkjubæjarklaustur. Il dispose lui aussi d'une petite salle commune pour manger. Nous y rencontrons 2 français, Louis et Séverine. La nuit sera un concert philharmonique de vent et de pluie. Wagnérien.

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