Journal d'un roadtrip de 23 jours en Islande

Lundi 24 août

Réveil à 7h30. Nuages, vent pluie. Le camping se trouve au bord de la mer et j'y vais faire quelques clichés du noir océan.

Une française, 35 ans, piercing, rastas, cigarette roulée au bec (à 8h00 du mat !) "en galère de gaz", vient voir si on peut la dépanner, on lui prête notre cartouche. Elle est arrivée la veille en Islande, elle est très impressionnée, voire inquiète par la force du vent. Quelque chose me dit qu'elle n'est pas au bout de ses surprises...

Nous prenons aussitôt la route, pour aller voir la chute la plus haute d'Islande : Glymur.

Nous passons devant ce village étrange, formé de bungalows en tôle. Au moment où je prends ces photos je ne sais pas ce que c'est.

Je vais découvrir dans un reportage à la télévision que je suis en fait chez les pécheurs de baleines ! La pèche à la baleine n'est pas interdite en Islande, mais elle fait ici aussi l'objet de bien des débats. Et c'est ici que vivent les pécheurs, c'est ici qu'ils ramènent les baleines, dans cet endroit isolé, loin des yeux de Reykjavik.

D'ailleurs pas de doute : Voici les 2 baleiniers qui mouillent dans la baie.

Nous arrivons au point de départ de la randonnée vers Glymur. Le problème est qu'il faut faire 5,5 km (comme vous le voyez sur le panneau) d'un chemin escarpé, avec des passages obligatoires dans l'eau et Emilie ne s'en sent pas la force au vu du temps : vent terrible, pluie, ciel noir... Il est vrai que ce n'est pas très engageant, il sera difficile d'y faire des photos, et je dois abandonner ce projet, la mort dans l'âme.

Nous poursuivons donc notre route direction Reykjavik. Je ne crois pas avoir connu pire climat depuis notre arrivée. Les photos en témoignent.

Les eaux noires du fjord sont de toute beauté, le ciel est irréel, et je crois voir un nuage lenticulaire.

REYKJAVIK.

Voilà qui sonne notre retour vrai retour à la civilisation, un come-back à Reykjavik après 21 jours dans des contrées désertes. C'est un peu dur pour le moral, mais la ville sait se faire consoler...

... avec par exemple les fantastiques brochettes de poisson frais du populaire Seabaron. 21 jours que nous mangeons du pain de mie et des soupes lyophilisées !

En bas à gauche : du minke whale, la baleine que nous avons vu à Husavik... Nous n'en prendrons pas. Le bol de soupe à la langoustine (1500 Isk) est à se damner.

Bon, je crois que vous me connaissez à présent, et vous savez que je suis irrésistiblement attiré par les ports. Je vais y glaner quelques photos.

Cet ouvrier me fait penser... à un télétubbies ! Oui je crois que c'est ça, un télétubbies.

PÉNINSULE REYKJANES.

Nous nous lançons dans l'exploration de la péninsule de Reykjanes. Miracle : le ciel se découvre.

Ci dessous les eaux noires du lac Kleifarvatn...

... Plus loin les solfatares de Seltun...

... En passant par les incroyables eaux turquoises du Grænvatn...

... Jusqu'à la magique église isolée Krysuvikurkirja...

Nous continuons l'exploration jusqu'à l'extrême pointe sud-ouest. Cette péninsule semble totalement recouverte de lave. En dehors de la route, point de salut.

Au bout de la Route 425 se trouve le cap de Reykjanesta et son phare.

Vous allez me trouver répétitif, mais rien sur les photos ne vous laisse penser qu'il y a du vent : pas d'arbre, pas d'herbe. Pourtant, c'est un vent force 12 qui souffle, c'est dingue, on a du mal à ouvrir les portières de la voiture, et une fois dehors, on ne tient pas debout. C'est avec grand peine que je suis monté ici (presque en rampant) et j'ai beaucoup de mal à cadrer mes photos.

Le seul moyen de vous montrer le vent en Islande, c'est dans la crinière des chevaux.

Nous voici à présent dans la faille entre les plaques tectoniques européennes et américaines. Un lieu privilégié pour écrire des messages d'amour avec des cailloux.

Retour à Reykjavik. Cela fait 23 jours que nous dormons sans matelas, dans le coffre de notre voiture, et pour notre dernière nuit en Islande, nous rêvons d'un vrai lit. On appelle donc Monique, mais pas de chance : c'est complet.

Je ne m'attendais pas à ça vu que nous sommes fin août... je suis déçu car j'avais envie de la revoir. Mais avant que j'ai eu le temps de dire quoi que ce soit elle ajoute : "venez me voir, on trouvera une solution".

Nous débarquons donc dans sa guesthouse "chez Monique", avec la mélancolie du premier jour, sachant que ce soir c'est le dernier.

MONIQUE EST UN PHÉNOMÈNE.

Petit bout de femme, elle a débarqué en Islande il y a 39 ans ! en 1970 ! Et oui c'est le destin qui l'a amenée ici alors qu'elle était fille au pair pour un diplomate français, ce diplomate étant nommé ambassadeur en Islande, il lui demanda si elle voulait bien les suivre pour continuer à s'occuper de ses enfants... Et elle les a suivi.

40 ans qu'elle vit ici, elle nous a raconté les virées nocturnes avec les soldats américains en goguette dans les années 70, elle a tout connu de l'histoire de l'Islande ces 40 dernières années, et c'est un témoin précieux.

Monique a rencontré un islandais, ils se sont mariés, et ont construit ensemble cette guesthouse. Mais lui ne la verra jamais fonctionner : il est mort voilà 6 ans, juste avant qu'elle n'ouvre ses portes. Elle s'est retrouvée seule.

Aujourd'hui Monique tient la guesthouse avec une énergie incroyable, car cela demande un travail de titan. Et vous savez quoi ? Elle travaille en plus à mi-temps à l'hôpital de Reykjavik...

Ce soir la guesthouse est complète... mais elle nous propose un peu génée une adorable petit chambre, avec un lit simple "pour nous dépanner". Et ça nous dépanne vraiment.

Et le meilleur est à suivre (je ne devrais pas le dire) : "La chambre est petite, alors je vous l'offre comme ça vous pourrez vous offrir un bon restaurant".

Incroyable ! Du coup on va se payer un bis répétita au Fish Market. Et ça tombe bien, le restaurant est à 2 minutes à pied de la guest-house.

Mais ce soir j'ai pris l'appareil : ce soir on vous invite.

Nous n'avons évidement pas réservé est c'est archi-comble, très vivant, bruyant, chaleureux. Il ne reste que des places sur un bar qui fait face aux cuisines ! On ne pouvait rêver mieux, au plaisir de manger nous ajoutons le plaisir d'observer le ballet des cuisines.

Nous avons repris le menu dégustation (impossible de faire autrement) et c'est parti pour 1h30 de bonheur, arrosé bien sur d'une bonne bouteille de vin blanc.

Voici quelques assiettes, je ne les ai pas toute photographiées !

Et voici le dessert... Il vous propulse sur un nuage, comme une rampe de lancement avant de repartir (le vin blanc aide un peu au décollage).

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