Journal d'un roadtrip de 23 jours en Islande

Dimanche 23 août

ÍSAFJÖRÐUR.

Réveil à 7h30. J'ai une grande nouvelle à vous annoncer : nous venons de vivre notre toute première nuit en Islande sans pluie !

Au milieu du camping coule ce ruisseau.

Nous allons aussitôt visiter Ísafjörður. Nous sommes dimanche, et il n'y pas âme qui vive, la ville est totalement déserte.

Les reflets sur la ville me font penser à des tests de Rorschach.

Nous faisons le plein et quittons la ville sans avoir croisé personne. Aujourd'hui sonne le début de la fin du périple. Nous allons finir l'exploration par la partie nord des westfjords, traverser ensuite le pays jusqu'à la péninsule d'Akranes à 450 kilomètres. Pas de temps à perdre !

Vous voyez sur la carte ci-dessus, nous sommes à la sortie ouest d'Ísafjörður, sur la Route 61. Comme vous pouvez le constater, la pointe nord du pays ne contient pas de routes, impossible d'y aller en voiture ! C'est à l'état quasi-sauvage. Pourtant, il est possible d'y aller en ferry depuis Ísafjörður. J'imagine qu'aller s'aventurer dans des contrées si lointaines, si reculées, doit être extraordinaire, j'aimerai beaucoup lire des expériences de gens ayant vécu cela. Et je ne serai pas contre y aller un jour !

Ces contrées sauvages du grand nord islandais nous font face tout le long de la Route 61 :

Le rond-point du bout du monde ! Dans le fond les contrées inaccessibles.

Pour info, il y a un glacier dans cette pointe nord du pays, il se nomme le Drangajökull. On aperçoit sur cette photo sa langue glaciaire la plus connue, nommée Kaldalón, visible depuis Ísafjörður :

Alors que nous roulons, certaines formes dans l'eau attirent mon attention, et les dépassant ça se confirme : là ! Nous la tenons notre rencontre avec des phoques !

Nous allons passer un moment génial : Sur un lac qui borde l'eau se trouve toute une famille. Nous nous garons et descendons au bord de l'eau, un gros rocher nous offrant un promontoire idéal. Les phoques très peureux se sont enfuis à notre approche, mais nous sommes restés là, sans bouger, un bon quart d'heure.

Ils étaient aussi curieux de nous que nous l'étions d'eux. Celui-ci a d'abord fait plusieurs passages "test" de gauche à droite, de droite à gauche, ne nous lâchant pas du regard pour voir si nous avions de mauvaises intentions. Il passa, plongea brusquement, puis repassa à 2 ou 3 reprises.

Voyant que nous ne bougions pas les phoques sont donc revenus peu à peu sur leur rocher pour "bronzer".

Peu à peu toute la famille s'est installée... C'était génial. Mais il est 11h44 ! Il est grand temps de reprendre la route.

Nous voici arrivés dans la petite ville d'Hólmavík. Nous en profitons pour faire une pause sandwich devant cette étrange maison... à la gloire des schtroumpfs ?

Voici l'église d'Hólmavík :

Nous reprenons la route vers le sud...

... sous une lumière sublime.

La lumière d'argent perce parfois les nuages, seconde de platine pour le photographe.

ROUTE 1.

Nous rejoignons le bitume luxueux de la Route 1.

Je fais beaucoup de photos en conduisant, par chance, la lumière irréelle change sans cesse et ce long trajet est tout sauf ennuyeux.

Le ciel devient parfois si sombre que le nuit s'installe en plein jour, comme une éclipse soudaine.

À certains endroits, les nuages semblent avoir été troués par un emporte-pièce, on en voit la "tranche" :

On voit des rideaux de pluie, ou de lumière.

Nous trouvons un viewpoint au bord de la route 1. On va y jeter un oeil, on y trouve une petite plateforme d'orientation.

Le ciel est tel que j'aurais voulu le voir pendant tout notre périple : changeant chaque minute, imprévisible, presque irréel.

Nous reprenons la route et faisons un arrêt dans une immense station-service au bord de la route 1. Cela doit être probablement la plus grande du pays, on y trouve une carte géante de l'Islande, et une salle de restaurant d'au moins 500 places ! A l'intérieur beaucoup de monde, des gamins qui courent partout, ça fait du bien de se retrouver au milieu de tant d'islandais. Nous en avions vu si peu. Ceci dit l'impression est mitigée car la plupart sont obèses et avalent goulûment d'énormes hamburgers. Ils ont prit depuis longtemps le mode de vie des américains avec les inconvénients que cela comporte...

AKRANES PENINSULA.

Nous n'allons pas jusqu'à Reykjavik car nous voulons voir la péninsule d'Akranes. S'y trouve un joli camping au bord de la plage (dont le gardien est très sympa).

Ma stratégie est d'aller voir demain la plus haute chute d'Islande qui se trouve entre ici et Reykjavik.

Nous faisons un tour dans la ville d'Akranes, et comme d'habitude quand nous sommes en ville, c'est dimanche, donc la ville est morte. Il semble que ce soit "la banlieue pauvre" de Reykjavik, il y a de nombreux HLM et des quartiers pas terribles.

Alors que nous cherchons un endroit pour boire un verre, un type nous croise dans une voiture de sport genre "tuning", voyant le Hummer, il fait aussitôt demi-tour en accélérant pour nous impressionner et part dans un dérapage dément, genre drifting en pleine rue, on entend son moteur hurler derrière nous, puis il perd le contrôle de sa voiture et va violement hurter un trottoir !!... Retour violant à la civilisation...

Peu après un joli bar nous accueille, on y boit quelques bières, j'y prend des photos de ces jeunes filles islandaises, puis retour au camping à 20h00.

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