Journal d'un roadtrip de 23 jours en Islande

Lundi 17 août

Réveil à 7h00. Le ciel est bleu et nous prenons notre premier café avec un rayon de soleil.

Notre journée sera chargée, elle doit nous mener au centre de l'Islande sur la Route 35, en longeant d'abord la péninsule de Vatnsnes, pour atteindre en fin de journée le massif montagneux de Kerlingarfjöll. Nous n'avons pas eu de chance avec la météo jusqu'ici et je prie pour avoir une belle lumière quand nous serons là-bas.

PÉNINSULE VATNSNES.

Nous mettons donc cap vers le nord pour longer la péninsule. Nous espérons y voir des phoques, et la fameuse arche de Hvítserkur.

Toujours ambiance Actarus. Ou Tintin ?

Je ne sais plus si je vous ai dit : il est impossible de photographier des chevaux "de loin" en Islande, car dès que vous approchez d'un enclos les chevaux viennent immédiatement vous voir. C'est assez dingue et ça marche à tous les coups ! Voilà pourquoi vous les voyez toujours au grand angle. Enfin, je me console en les caressant...

Un sentier battu par les herbes folles nous mène en surplomb de cette plage de sable noir. Posée sur l'horizon, une apparition : l'arche de Hvítserkur.

Nous poursuivons notre piste 711 pour bientôt atteindre l'extrême nord de la péninsule, et la ferme abandonnée d'Hindisvík. Nous sommes très excités en arrivant ici car on peut y voir des phoques. Malheureusement, grande est notre déception : le lieu est fermé pour protection.

Très dépité, je dois avouer avoir franchi la barrière malgré l'interdiction pour aller voir, et cela vous évitera peut-être de le faire si vous allez là-bas : le lieu est triste, pas une âme de phoque qui vive, seulement des algues qui moisissent au soleil et des déchets de toute sorte...

Je comprends l'interdiction, le lieu a semble t'il souffert du passage des humains, et les phoques sont partis.

Vous vous demandez ce que font ces moutons ? ils se protègent du vent. Et oui, le vent, toujours et encore !

Je prends quelques photos de moot-moot (c'est le nom de code qu'on leur a donné), en voici un bicolore. On rêve de trouver un moot-moot rouquemoute, celui-ci l'est à moitié !

Voici la ferme d'Illugastaðir. C'est notre deuxième chance de voir des phoques.

On trouve une très jolie cabane de bois qui fait office de toilettes. La carte au trésor - pardon - la carte aux phoques est gravée au pyrograveur. Ils sont à 900 m d'ici dit-elle.

Nous profitons des toilettes, et à l'intérieur il y a ce petit mot :

Ce sont les uniques toilettes "publiques" de la péninsule !

Dehors on trouve un grand pot en verre rempli à ras bord de pièces. Nous y laisserons 300 Isk (2 €) pour le remercier des toilettes... et du plan !

Nous trouvons des rochers escarpés au bout du chemin. Un homme est là avec un énorme téléobjectif, cela doit être un 600 mm. En face de nous il y a des rochers, et on y voit bien des phoques inertes dorer au soleil.

Bon, on est content de voir des phoques, mais c'est franchement pas extraordinaire, ils sont trop loin et ne bougent pas. On reste 5 minutes et on repart.

Voici une belle "trieuse à moutons". Désolé je ne connais pas le nom de cet outil. D'ailleurs j'en ai déduit l'usage, mais je n'en suis pas certain.

Et voici un phare à ajouter à notre collection : Skarðsviti lighthouse. Le compteur de la voiture nous indique que nous venons d'atteindre nos 3000 km.

Un peu plus loin nous abandonnons la voiture pour aller voir une autre curiosité de la péninsule : le rocher d'Ánastaðarstapi.

Comme une canine dans la mer, ce rocher aiguisé est un lieu de nidification pour les oiseaux.

La photo ci-dessous est un accident : craignant de se faire attaquer par une sterne arctique, Emilie a soudain vu apparaitre dans le viseur ce volative fonçant vers elle, la panique lui fit appuyer sur le bouton avec un mouvement de recul, sans même viser, voici comment le hasard fait parfois bien les choses, une nouvelle démonstration flamboyante de la théorie du "beautiful accident".

Il est 13h00. Nous voici arrivés à Hvammstangi, qui clôt notre tour de la péninsule. Nous y faisons des courses pour remplir la glacière (et toujours pas de bière en vue...). Il nous faut des réserves car nous allons maintenant partir dans des contrées désertes au centre du pays.

Nous faisons un gros plein d'essence à la station / bar de Víðigerði. C'est une région de pêcheurs, il y en a d'ailleurs quelques-uns accoudés au comptoir, et une grande collection de mouches multicolores sur les tables. Je prends une vieille carte postale et vais payer à la caisse. Là le patron m'encaisse l'essence, je lui montre la carte postale, il me regarde interloqué et me demande ce que c'est. Je lui explique que je l'ai trouvée sur une étagère, il me répond ah bon, et m'encaisse 50 Isk pour le principe. Les cartes postales apparemment c'est pas son truc au patron.

Pourtant cette carte postale restait dans l'univers de la pêche, la voici :

Ce panneau vous semble compliqué ? il est pourtant très clair... quand on a une carte routière ! Pour faire court ces routes là vont nous mener à la Route 35 qui traverse le pays du nord au sud.

Dans mon sud-ouest toulousain on dit "le cochon est dans le maïs", en Islande "les vaches sont dans le colza".

ROUTE 35 NORD.

Ca y est nous sommes sur la fameuse piste F 35. Le ciel est menaçant mais la lumière reste superbe. il est 15h15.

Le Blöndulón est un des plus grand lac d'Islande. J'y trouve une lumière, des couleurs et des reflets magnifiques, j'y fais donc une série pour ma collection de ciels d'Islande et d'ailleurs.

Ce n'est pas la place qui manque n'est-ce pas ? Pourtant les moot-moot sont systématiquement sur la route.

Nous sommes arrivés au milieu du pays ! Au milieu du nulle part il y a ce portail fermé par l'office vétérinaire, sûrement pour éviter les épidémies ?

Nous croisons ces deux courageux cyclistes, bicyclette pour l'un tricycle pour l'autre qui semble breton ?

Il est 16h50 quand nous arrivons à notre première étape : le site géothermique de Hveravellir.

HVERAVELLIR.

Certains jouent avec un pneu de vélo...

D'autres se délassent dans un hot-pot. Ca me donne vraiment envie !

Mais il est déjà tard, pas le temps pour les loisirs ! L' exploration avant tout.

Il y a un refuge à coté du parking, et un café, la café le plus isolé du pays. Je rentre, il y a un petit bar, et derrière le comptoir un homme au visage magnifique, très brun la peau mate et les yeux très clairs, un regard doux, il a un fort accent.

Derrière lui que vois-je : quelques cannettes de Viking, la biere locale ! Aaaaaaalleluia ! Il fallait donc que je sois en plein désert pour trouver mes bières ! Je prends 4 cans, et me risque à demander à l'homme - discrètement - d'où il vient.

"Afghanistan" me répond-il. Incroyable, un afghan ici, tenant un bar dans le centre de l'Islande.

Je lui réponds qu'il doit donc très bien connaître les montagnes, et là son visage s'illumine et il me répond "oh yes, here for me it's flat like a desert" en souriant.

Un client à coté qui a entendu notre conversation lui hurle : "you are from afghanistan ? i thought you were turkish !"

Son regard s'est éteint.

Nous partons explorer les lieux. On y trouve d'abord une zone géothermique.

Il est ensuite possible de partir en randonnée dans les environs.

Hey ! Les beattles !

L'horizon change sans cesse, ainsi que la lumière.

Nous voilà de retour au hot-pot, j'ai vraiment envie d'essayer. Le plus dur est de se mettre en maillot de bain alors qu'il fait dans les 6 C°...

Mais une fois qu'on est dedans c'est le pied !

Retour sur la Route 35 vers le sud, direction le Kerlingarfjöll.

Revoici notre ami breton !

Il est 20h00 quand nous arrivons au Kerlingarfjöll. La lumière y est magique. Il y a quelques maisons d'hôtes, et au dessus du refuge un vrai restaurant, carrément !

C'est la seule fois où j'ai regretté d'aller payer ce qui va s'avérer être une simple place sur un coin d'herbe : les attentions sont portées aux luxueux lodges, il n'y a pratiquement rien pour les campeurs.

Il a fallu que j'attende 10 bonnes minutes pour qu'on veuille bien me prêter attention et le prix du camping est exorbitant : 2800 Isk (1700 Isk en moyenne). J'y ai ajouté une carte des randonnées (incompréhensible) à 500 Isk, au total 3300 Isk soit 20 €, c'est deux fois plus cher que partout ailleurs. Je n'ose même pas imaginer le prix des lodges, et du restaurant !

J'ai demandé des infos sur la météo et il m'annonce une journée... de très mauvais temps pour le lendemain. Pourvu qu'il se trompe. S'il y a bien un lieu où je veux de la lumière c'est ici. Nous nous couchons dans une voiture glaciale, la température extérieure est de 3 C°.

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