Journal d'un roadtrip de 23 jours en Islande

Dimanche 16 août

Il est 8h15 le temps est nuageux, il fait 9°C. Il y a une seule douche sur ce petit terrain de camping attenant à cet hôtel jaune. Cette douche est dans une petite cabane en bois, elle est des plus spartiates, mais ça lui donne du charme.

Nous apercevons Gunter, ravis de nous revoir nous discutons ensemble autour d'un café. Il m'explique son plan pour la journée. Je lui explique le nôtre : faire le tour de la péninsule Tröllaskagi au nord et dormir ce soir à Blonduos.

Nous échangeons nos coordonnées et je ne manque pas de lui tirer le portrait en souvenir.

Juste à coté du camping roulent les eaux tumultueuses de la rivière Skjálfandafljót. Un petit pont de bois nous mène à la chute Goðafoss, une légende dit qu'on y jetait les anciennes idoles nordiques au moment du passage au christiannisme, en l'an 1000, d'où son nom de "chute des dieux".

Nous longeons la rivère, et la voilà sous nos pieds, impressionnante. je grimpe sur un rocher en surplomb et prépare la prise de vue en pause longue. D'un point de vue technique photo c'est assez délicat à mettre en place car je ne vois plus rien dans le viseur, et la cellule est inopérante, la mesure de la lumière se fait en manuel.

Voici le dernier rayon de lumière de la matinée avant que les nuages ne prennent définitivement le dessus. Ouf, il est dans la boîte !

La rivière s'étrangle ensuite dans un lit d'orgues basaltiques de toute beauté. Le fracas de l'eau dans cet univers torturé est sublime, d'un romantisme draculéen.

Voici une vision large, vous voyez Goðafoss au fond à gauche.

Les alentours de la chute sont un superbe terrain de jeu pour un photographe. Voici le petit ruisseau venu de nulle part qui vient se jeter dans la rivière. En pause longue on dirait une rivière de chocolat (Hommage à mon livre de chevet quand j'étais gamin : Charlie et la chocolaterie !).

Il est déjà 12h30. Il faut partir, direction la deuxième ville du pays : Akureyri, la ville du nord, à une soixantaine de km. La voici ci-dessous s'étaler au creux du plus long fjord d'Islande : Eyjafjörður.

AKUREYRI.

C'est un étrange hasard, mais à chaque fois que nous arrivons dans une grande ville c'est un dimanche, et elle est quasi-déserte. Nous ne prendrons donc pas notre bain de civilisation aujourd'hui. Quelques magasins (vides) sont ouverts dans le centre ville, on y jette un oeil, et passons un moment à regarder des livres de photo.

Voici la cathédrale. Comme vous le voyez, il n'y a pas foule.

Anecdote : Cela fait des jours et des jours que je cherche à acheter une simple bière, et bien vous me croirez ou pas c'est extrêmement difficile. On les trouve uniquement dans des "Vínbúð", des magasins d'alcool non seulement rares, mais surtout rarement ouverts (en général de 17h à 18h, point barre) !

J'étais confiant sur le fait d'en trouver enfin dans cette ville de presque 20 000 habitants. On a donc cherché, sans succès, finalement j'ai profité du plein d'essence pour demander de l'aide à la station : "where can i find some beer please ?"

Et bien vous n'allez pas me croire, le gars a regardé sa montre et m'a dit : "j'ai bien peur que vous n'en trouviez pas, il n'est que 15h, c'est fermé".

- "What ? Vous êtes en train de me dire que dans le 2e ville du pays, une ville de 20 000 habitants, il n'y pas moyen d'acheter un bière ?"

Il a souri et m'a dit : "non c'est exact !"

- "Mais comment faites-vous ??"

- Il m'a répondu d'un sourire complice : "The shop is at home".

Ok, je comprends, il faut faire ses réserves, impossible d'improviser pour boire un coup dans ce pays ! J'imagine que c'est un moyen de limiter la consommation...

On est reparti sans bière, mais avec de l'essence et c'est déjà ça.

Nous avons décidé d'improviser aujourd'hui, on va suivre les côtes de l'océan glacial arctique le long de la péninsule Tröllaskagi, une péninsule sauvage et montagneuse du nord de l'Islande.

PÉNINSULE TRÖLLASKAGI.

Nous passons à Dalvík, ville connue pour son ferry menant sur l'île de Grímsey située sur le cercle polaire. J'avais très envie d'y aller, mais cela nous aurait pris une journée, et le Visitor Center d'Akureyri nous a informé que nous n'y verrons pas d'oiseau, c'est trop tard ils sont partis !

Et le ferry pour Grímsey justement le voici, c'est écrit dessus.

Vous ne remarquez rien ? Le ciel bleu !! il est là, par contre il fait froid. La route est superbe, on s'arrête souvent.

+ Note pour les lecteurs du eROADBOOK, jetez-ici un oeil à la ULTRAPANORAMIC PHOTO N° 17 / 20 +

Voici l'océan arctique, qui nous fait face alors que nous sortons du fjord.

Emilie a trouvé un coin à myrtilles...

 

Plus loin, après avoir passé un interminable tunnel de 3,5 km, voici la minuscule ville d'Ólafsfjörður

N'est-il pas mignon ce panneau ?

Le plus dingue c'est que nous avons effectivement croisé une cannette et ses petits !

La Route 82 n'est pas goudronnée et les cailloux qui giclent de tous côtés mettent la carrosserie de la voiture à rude épreuve.

Je ne saurais trop vous dire avec les mots ce que l'on ressent dans des paysages pareils. D'ailleurs des mots nous n'en trouvons pas, et nous restons silencieux.

Une des rares voitures que nous croisons est une grosse berline Mercedes brinquebalante, tout droit sortie d'un film d'Emir Kusturica. Comme cela arrive souvent (j'en viens à me demander si c'est à cause du Hummer) les gens nous croisent en nous frôlant, même quand la route est large.

Le type nous croise donc à une vitesse folle, et un gros caillou gicle tel un météore sur le pare-brise. Ca a fait un énorme "BANG !". Un bruit sourd, un bruit lourd, nous avons eu très peur, à tel point qu'on s'est arrêté. Mais je n'en reviens toujours pas : aucune trace d'impact, même après inspection de la voiture. Cette voiture est un tank !

+ Note pour les lecteurs du eROADBOOK, jetez-ici un oeil à la ULTRAPANORAMIC PHOTO N° 18 / 20 +

Nous atteignons le sud de la péninsule, au creux du fjörd Skagafjörður.

Nous quittons la rive pour emprunter la Route 75, nous atteignons peu après un lieu mythique : la ferme de Glaumbær.

FERME GLAUMBÆR.

"La ferme de Glaumbær est un ensemble de fermes traditionnelles du XVIIIe et XIXe siècles liées entre elles par un long couloir central. Ces constructions sont en bois, le toit est recouvert d'épaisses couches de tourbe sur lesquelles pousse du gazon. Le gazon peut, dans certaines régions, durer plus d'un siècle. Cet épais tapis sert à imperméabiliser et protéger l'édifice.

Les fermes sont partiellement enterrées, également pour les raisons d'isolation et l'inclination du toit est calculée pour éviter l'infiltration des eaux de pluie.

Une partie de cette ferme était encore habitée jusqu'en 1947. Il existe d'autres exemples de fermes en tourbe en Islande, mais celles-ci sont les plus grandes, les mieux conservées et de loin les plus anciennes."

Un peu plus loin se trouve la minuscule église au toit de tourbe de Víðimýri. Cette église est un des plus beaux vestiges d'architecture traditionnelle islandaise, elle est construite en 1834 mais son autel date de 1616.

Nous reprenons la route 1 sous le soleil couchant. Direction Blonduos, son camping se trouve en face de la station-service nous annonce le guide du routard, à l'entrée de la ville. En effet, il est bien là. Nous y arrivons à 20h00 sous un ciel toujours bleu, mais un vent polaire.

Ce soir nous aurons droit à un dessert : des myrtilles sauvages !

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