Journal d'un roadtrip de 23 jours en Islande

Mercredi 12 août

Il est 6h00. C'est tôt, mais notre journée cher lecteur va être très, très chargée. Nous avons RV ce soir dans des terres hostiles du volcan Askja en plein centre de l'Islande, avec de nombreuses étapes d'ici là, il ne faut donc pas traîner.

Avec une première étape majeure : la célèbre chute de Hengifoss qui borde le lac.

Enfin, quand je dis "borde" ce n'est pas exact : elle est à une bonne heure et demi de marche. Nous avons bien fait de nous lever tôt, nous sommes les premiers.

Voici une première chute d'eau en aval de celle-ci, dans un concert d'orgues basaltiques, il s'agit de Litlanesfoss.

Nous approchons du but. Je prie pour avoir un rayon de soleil sur la cascade, celle-ci est célèbre pour ses strates rouges.

Voici la beauté ! On ne peut s'en approcher, elle est protégée dans un écrin de roche volcanique.

Sur cette photo on voit bien les strates rouges malgré un soleil timide.

Il est 9h30, nous décidons de repartir doucement...

... il y tant de choses à observer en chemin.

La chute d'eau se transforme en canyon étroit dans lequel les eaux bouillonnent.

Nous croisons aussi quelques fleurs que je tente de photographier.

Nous nous lançons à 11h30 sur la piste F910. Nous sommes inquiets concernant le ravitaillement en essence. Nous avons 3/4 de plein. Sur notre carte est bien indiquée une station, mais cela se trouve bien loin d'ici, au milieu de nulle part. On ne sait même pas si ce sera ouvert.

Pour l'instant tout se passe bien, et nous faisons un petit écart sur la F909 pour voir de plus près le Mont Snaefell qui culmine à 1833 m.

PISTE F910.

+ Note pour les lecteurs du eROADBOOK, jetez-ici un oeil à la ULTRAPANORAMIC PHOTO N° 9 / 20 +

A ce moment-là nous ne le savons pas encore mais nous nous trompons de route. La F910 fait en effet un angle droit, si vous n'y prenez garde, c'est à dire si vous continuez simplement tout droit, vous vous retrouvez au milieu d'un invraisemblable chantier, un barrage en construction.

Arrivés sur un parking pour les ouvriers, nous nous trouvons face à ce camion vert. Une musique résonne à l'intérieur : de la musique classique.

Vous le croirez ou non mais la route n'est pas fermée et nous sommes passés entre ces énormes machines. Nous sommes au beau milieu de la construction du barrage de Kárahnjúkastífla.

J'en ai profité pour faire ces photos du chantier le plus dingue que je n'avais jamais vu : voyez quelques voitures (et même un bus !) au fond du précipice.

Puis nous avons fait demi-tour. Voici une photo du lac artificiel formé par le barrage.

Et nous avons fini par retrouver la F 910... Notre erreur nous a fait perdre plus d'une heure, et 35 km de carburant ! Vous voyez sur le panneau ci-dessous que la F 910 fait un angle droit ! C'est là que nous nous sommes trompés, poursuivant vers Kárahnjúkar. Il est 13h45.

Il est 14h20 quand nous atteignons... la station service ! Oui oui, c'est bien une station service.

Je vais payer, cela se passe dans le garage de cette maison perdue au milieu de nulle part. Je demande au type s'il vit ici, il me répond oui, mais seulement durant les mois d'été, jusqu'en septembre, après c'est trop rude.

Anecdote : Voyant un frigo derrière lui avec des cannettes de bière, je lui demande "Ce sont des bières avec ou sans alcool ?"Là il me regarde en coin et me dit : "you want some beer ?" Je lui réponds que ça fait des jours que je rêve d'une vraie bière. Il me dit "ok, venez voir derrière, faites le tour". J'avance incrédule à travers ce qui semble aménagé en bistrot. Et au bout, presque cachée, voici la version "bar" avec de vraies bières !! Il me dit : "vous voulez des vraies bières : les voici, mais chuuuut, je ne vous ai jamais vu." J'ai trouvé la scène si incroyable que je l'ai prise en photo. Mon homme doit s'appeler Sám ?

Une fois la transaction faite, nous sommes repassés au comptoir "officiel" de la station service. J'ai payé mes bières (4 cans : 3200 Isk / 19 €), l'essence, et je suis parti.

Nous allons mettre exactement 4 heures pour rejoindre le volcan Askja. 4 heures de pistes dans des paysages irréels, je n'oublierai jamais ces sensations.

+ Note pour les lecteurs du eROADBOOK, jetez-ici un oeil à la ULTRAPANORAMIC PHOTO N° 10 / 20 +

C'est dans ces paysages que s'entraînaient les pilotes de la Nasa avant de partir sur la lune...

Nous arrivons au camp de base d'Askja à 18h30. Il fait extrêmement froid, mais nous avons de la chance : il reste un rayon de soleil. Je fonce au refuge pour payer le "camping", en fait annoncer notre présence pour la nuit, j'achète aussi un plan du coin. Surprise, les 2 rangers qui gèrent cet endroit hostile sont 2 jeunes femmes.

ASKJA

Il ne faut pas perdre une minute pour rejoindre le volcan. Il reste quelques kilomètres en voiture sur une piste étroite au milieu d'un champ de lave hostile, puis 30 minutes à pied pour rejoindre le Graal.

Malgré le soleil, nous nous sommes couverts très chaudement et avons pris toutes les précautions, j'ai en effet lu avant de partir un témoignage effrayant de Régis sur son journal. Je recommande de lire cette histoire, vous la trouverez ici

En 2 mots il raconte qu'il part habillé léger car il fait beau, et qu'il veut se baigner dans les eaux laiteuses du Víti à 25 °C... mais il est surpris par un brouillard dément et une tempête, et il a failli y laisser sa peau, vraiment !

Il y a peu de chance que ça nous arrive : le ciel est calme et bleu.

Voici donc le Víti au premier plan et le lac glaciaire au second plan. L'endroit est irréel.

Nous faisons le tour du cratère. Vous voyez Emilie sur la photo ?

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Emilie fait ses premières armes en photographie. Et ce qu'elle adore c'est prendre des détails au téléobjectif. Détails que voici :

Nous sommes arrivés à temps car le soleil décline très rapidement.

Et là incroyable : la fameuse tempète qui a failli engloutir à jamais le malheureux Régis est là. En 2 minutes, le soleil laisse sa place à un monstre sombre de brouillard et de grêle. Nous protégeons le matériel autant que possible et repartons en forçant le pas.

45 minutes nous seront nécessaires pour rejoindre la voiture.

Nous retraversons le champ de lave.

Jusqu'à notre refuge. Nous dormirons ici :

+ Note pour les lecteurs du eROADBOOK, jetez-ici un oeil à la ULTRAPANORAMIC PHOTO N° 16 / 20 +

Ce cycliste arrive ereinté dans le soleil couchant. Parcourir ces pistes seul, à vélo me laisse sans voix.

Il est 20h30.

Cette nuit il fera si froid que nous dormirons entièrement habillés dans le duvet, avec polaires, gants et bonnets. Il fera 6°C dans la voiture.

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