Journal d'un roadtrip de 23 jours en Islande

Mardi 11 août

Réveil à 7h00.

Je retrouve une famille d'hollandais croisée la veille dont vous voyez les tentes ci-dessous. On se raconte la frayeur du tunnel pour arriver ici. Le père peste contre la météo : "Tout le monde dit qu'en Islande, la météo change toutes les 5 minutes, mais c'est faux, depuis 8 jours c'est le même temps misérable !". J'acquiesce : j'ai pensé la même chose, et c'est vrai que le ciel gris, le vent, la pluie, c'est dur pour le moral.

Vous imaginez un camping gratuit et sans surveillance en France ? Moi oui, au risque de paraître réactionnaire, je l'imagine taggé, vandalisé et sale. Voici la version islandaise du camping gratuit et sans surveillance (je ne vous montre pas les douches impeccables, l'eau y est chaude) :

Le compteur m'indique 19,8 l/100 de moyenne. Ouch ! Heureusement, le reste de l'année je suis piéton.

9h00, il est temps de prendre la route ! Nous traversons Neskaupstaður qui se réveille. Voici son indispensable piscine.

Petit passage à Eskifjörður.

Nous voici arrivés à Egilsstaðir à 10h20. C'est la plus grande ville de l'est, le centre économique. Pas une mégalopole pour autant, on a compté 2100 habitants en 2004. Sur les camions poubelles on a collé des photos aériennes de la ville.

Petit passage (douloureux) à la pompe. Je m'en sors cette fois-ci avec 78,15 litres, pour presque 15 000 isk (85 €). Le réservoir contient 120 litres !

Nous prenons la route 93 pour rejoindre Seyðisfjörður.

C'est une très jolie petite ville de seulement 750 habitants, c'est là qu'arrive le ferry venant des îles Feroé ce qui lui offre une belle activité touristique.

Juste avant d'atteindre la ville une surprise nous attend : voici Gufufoss.

Le ciel se découvre miraculeusement à l'entrée de la ville.

Regardez bien cette image : c'est peut-être un détail pour vous, mais pour nous ça veut dire beaucoup ! Ce sera la seule et unique fois durant ce séjour où nous pourrons nous mettre en tee-shirt.

Le plat du jour, une portion géante de colin avec légumes vapeur (total pour 2 : 3000 isk, 17 € avec un coca light). Les islandais sont des maîtres incontestés en cuisson de poisson, et ce genre d'assiette, avec ce supplément de vitamine D offerte par la soleil nous fait un bien fou.

Les islandais sont très sportifs. A l'heure où je vous parle ils viennent de remporter la médaille de bronze du championnat d'Europe de handball (je vous rappelle qu'ils ne sont que 300 000). Ils vouent une véritable passion pour le football. Je profite de cet entraînement de junior pour prendre quelques clichés.

Seyðisfjörður est une ville magnifique.

En 2009 la marque Sony l'a transformée en "Soundville", pour y tourner une publicité expérimentale diffusée exclusivement sur internet. Vous pouvez la voir ici.

Plus intéressant encore, le making-of qui vous présente la ville et ses habitants, à voir ici.

Devant la mairie se trouve une sculpture en aluminium.

On la comprend mieux de profil : il s'agit de la forme du fjord.

Nous parcourons la ville sous un soleil capricieux.

Il est 15h00 quand nous reprenons la route. Direction la forêt d'Hallormsstadur. Une forêt en Islande ? On va voir ça.

Nous nous garons sur le parking d'un hôtel chic au creux des bois. C'est d'ici que part une randonnée au coeur de la forêt. Pas une forêt vierge bien sur, mais tout de même, une belle végétation, et c'est assez rare en Islande.

HALLORMSSTADUR.ISLANDE EST.

Nous nous plaisons à y capturer des trésors de formes et de couleurs.

La randonnée nous mène sur ce rocher qui nous offre une très belle vue sur le grand lac de la région : le Lagarfljót. Inutile de dire qu'on lui prète de nombreuses légendes et des habitants aussi mystérieux que voraces. Derrière nous une jolie cascade se charge de la bande sonore.

18h00, il est temps vers de trouver notre refuge pour dormir, au camping tout près du lac. Le coin est superbe, mais il y a beaucoup de moucherons, des simulies, heureusement inoffensifs.

Là nous avons une expérience étrange : un gamin d'une douzaine d'année se mettait en face de nous et nous regardait en nous fixant sans un mot. Puis il repartait, puis il revenait sans cesse. Je lui ai demandé qui il était, si ces parents étaient là, il m'a répondu oui, ils sont plus loin. Mais il restait là à nous regarder fixement. C'est devenu très gênant.

Pendant le repas, alors que nous étions à l'abri dans la voiture (il s'est inévitablement mis à pleuvoir) il est venu se planter devant nous, face au coffre ouvert pour nous regarder. C'en était trop et je l'ai chassé. Je l'ai vu faire aussitôt la même chose avec la famille d'à coté, il s'est planté devant eux sans rien dire, ce qui rendit le père très nerveux, qui le chassa à son tour. Ce gosse était... très inquiétant.

Je suis allé faire quelques photos du lac dans les dernières lueurs du jour.

Nous loin de moi une petite elfe islandaise jouait dans les arbres avec une plume d'oiseau. Voici Kristin, 8 ans, née à Reykjavik, dont le regard est un inespéré point d'orgue à cette journée.

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